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Auteurs-traducteurs: la fabrique de l'écrivain

Publié le 25 mars 2016 Mis à jour le 25 mars 2016

Le point de départ des réflexions que cette conférence se propose de mener est une question essentielle de la traduction littéraire : qui est l’auteur d’un texte traduit ? Si l’on attend du traducteur professionnel qu’il s’efface, se rende « invisible », la situation change lorsque celui qui remplit la fonction de traducteur est lui-même auteur. Dans le cas de l’auteur-traducteur, on se demandera comment la pratique de traduction s’articule à l’affirmation d’une autorité littéraire.

Date(s)

du 8 janvier 2016 au 9 janvier 2016

Lieu(x)
Bâtiment B (salle des conférences) et V (amphi Robert Merle)

Deux aspects seront envisagés :

Traduction et écriture : pour certains auteurs, la traduction s’apparente à un exercice de style, un moyen de se réapproprier la langue maternelle en l’abordant depuis une perspective extérieure. De manière inverse, la traduction peut être une façon d’imposer son propre style d’auteur à l’œuvre d’un autre, transformant à jamais sa réception. Enfin, dans le dialogue qui se noue entre deux auteurs à travers le processus de traduction d’une œuvre, la notion de communauté d’écrivains, qu’elle soit synchronique ou diachronique, conditionne également le développement de l’auteur traduisant qui reconnaît dans l’auteur traduit un frère de plume par-delà les différences linguistiques.

Littérature traduite et autorité : sur le marché littéraire, l’œuvre traduite peut apparaître comme une production mineure, minoritaire, marginale du fait de sa nature dérivée. Pourtant, traduire un classique, pour un auteur encore inconnu, est un moyen efficace de se faire connaître en bénéficiant de la popularité d’un auteur déjà reconnu. Réciproquement, des auteurs confirmés ont pu vouloir faire partager à leurs compatriotes leur passion pour une littérature ou un auteur méconnus du grand public parce que jamais traduits. On s’intéressera également aux cas des traducteurs qui font autorité dans le domaine de la traduction sans pour autant être auteurs d’œuvres indépendantes : quel est donc ce statut d’autorité que leur confère la pratique de la traduction ?

Mis à jour le 25 mars 2016